Thématique de recherche
. Le problème de la correspondance entre les aspects fonctionnels et formels du langage pour décrire et modéliser la prosodie de la parole constitue l’un des champs activement balisé par la phonologie cognitive aujourd’hui, c’est autour d’elle que s’articulent mes travaux.
. La prosodie se manifeste principalement, dans le signal de parole, par trois paramètres : la fréquence fondamentale (estimation du son laryngien à partir du signal acoustique à un instant T), la durée (mesure d’un intervalle de temps nécessaire pour émettre le signal de parole et les unités qui le constituent) et l’intensité (l’énergie contenue dans le signal). Au niveau abstrait – ou phonologique – le terme prosodie désigne une structure articulée autour de deux mécanismes imbriqués et à portée variable : outre les proéminences syllabiques locales (accents ou tons), relevant de la prosodie lexicale, toute production est pourvue d’une intonation globale, qui représente un processus postlexical, se manifestant sur l’ensemble de l’énoncé et sur les groupes qui le constituent. C’est ainsi qu’on peut parler d’intonation, de paragraphes ou de groupes. Pour résumer, alors que les objets phonétiques désignent des paramètres physiques concrets, le niveau de traitement phonologique correspond à l’analyse du système prosodique, variable d’une langue à une autre, celui là même qui donne lieu à l’apprentissage d’un jeu de règles par l’enfant en phase d’acquisition du langage.
. En pratique donc, se pose le problème de l’interface entre ce niveau de traitement et les niveaux syntaxique et sémantique : il s’agit de montrer : (1) dans quelle mesure la prosodie appartient à la grammaire, au même titre que la syntaxe et la sémantique (ii) de proposer des représentations formelles susceptibles d’en rendre compte, (iii) de poser un ensemble d’arguments qui militent en faveur de la réalité psychologique de ces représentations, (iv) d’en proposer une interprétation sémantico-pragmatique qui rende compte aussi rigoureusement que possible de la fonction communicative centrale de la prosodie. Cette fonction se décline en trois points centraux : une fonction structurale : la prosodie agit comme un dispositif organisateur de mise en forme du matériau langagier et de mise en perspective de l’information ; une fonction de contextualisation, i.e. d’intégration des messages à leur contexte ; une fonction énonciative : la prosodie porte les traces des diverses façons dont les locuteurs s’investissent personnellement dans leurs messages.
. Si cette thématique est par essence dévolue à la linguistique, elle s’inscrit également dans une perspective transdisciplinaire qui conduit naturellement à la mise en place de collaborations, avec des disciplines connexes. Ainsi, les mathématiques, l’informatique et le traitement du signal sont convoqués pour la représentation et la modélisation des connaissances ainsi que pour leur intégration dans des systèmes de traitement automatique de la parole. En parallèle, la psycholinguistique et les neurosciences permettent de vérifier l’adéquation des hypothèses théoriques défendues avec la réalité cognitive, i.e. les bases neurales qui sous-tendent la production et la perception de la prosodie dans les langues. Enfin, la linguistique de corpus est de plus en plus un axe de recherche incontournable pour arriver à mutualiser les ressources et les outils tant conceptuels que méthodologiques qui nous permettront d’aborder massivement les données prosodiques et d’alimenter ainsi, voire de revisiter les théories contemporaines
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prosodie

1« Il s’agit toujours de comprendre et d’expliquer les systèmes phonologiques (…) en construisant des dispositifs formels, cognitivement pertinents, en production comme en réception, de relier des états mentaux à des productions sonores attestées (Laks 1997, Phonologie accentuelle – Métrique, autosegmentalité etconstituance – Paris, éditions du CNRS).